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fév
12

RAYMOND DÉVOT OU LE CHEVAL DE TROYES


par Richard Sünder

Le marquis de Bièvre est-il
le marquis de Sainte-Eve,Raymond ?

C’était le jeudi 22 août 1985, avant-veille de la commémoration de la Saint-Barthélémy. J’étais invité à dîner chez Béatrice Dünner et Bruno Duval — de la galerie Duval-Dünner. Ils m’avaient annoncé, pour ce dîner, une surprise qui, à 21 heures, n’était pas arrivée, en dépit de l’appétissant fumet de cuisine qui se répandait de manière pressante, dans le salon, où les coupes de noisettes et de pistaches avaient à peine suffi à tromper notre impatience gastrique.

Un moment, j’avais cru que la surprise était une cousine au charme légèrement autistique de Béatrice. Quand Bruno, regardant l’heure — 21 h 45 — s’était écrié, sans qu’on puisse dire si cela l’amusait ou le chagrinait : « La surprise pourrait être que la surprise ne vienne pas ! » Connaissant la seule relation de Bruno capable d’oublier d’assister à un dîner dont il était le principal convive, je m’étais aussitôt écrié :

« C’est Raymond Hains ! »

LA DIARRHÉE DU PÈRE ÉTERNEL

C’était bien en effet le célèbre arracheur de palissades d’affiches lacérées qui, tassé en rond sur lui-même et multipliant les courbettes, un peu vieille France, était arrivé avec deux heures et quart de retard tandis que nous achevions de curer le dernier melon des hors d’œuvre.

Comme chacun s’y attendait, à peine assis devant le melon qu’on avait à tout hasard épargné et qu’il curait méthodiquement sans le manger, Raymond Hains avait repris le monologue sur les coïncidences de signes — qu’il avait commencé dans les années quarante et qu’il n’interrompait jamais que pour demander à ses auditeurs s’ils pensaient qu’elles étaient dues au hasard ou bien à autre chose et qu’il reprenait aussitôt sans attendre leur réponse.

Nous écoutions donc ce discours, vertigineux comme le Niagara, mais un Niagara qui, tel le monde lui-même, aurait pris sa source dans le Zéro — ce point mathématique, de dimensions nulles, volume zéro, mais de densité et de température…  infinies, qui aurait précédé le Big Bang et dans lequel, si l’on en croit les équations d’Einstein, traitées par Robertson et par Walker, aurait été contenue la Matière ou l’énergie primordiale absolue.  Laquelle, sous pression infinie en un point d’anti-espace ou de non-espace cosmique, telle la diarrhée du Père éternel, serait entrée en l’expansion infinie du Vide quantique, se vidant en Néant, avant de donner notre Monde physique fini, qui n’est en somme que la défécation de la Paire éternelle (la Paire du Zéro et de l’Infini).

« Vous êtes extraordinairement bronzé, m’avait dit Raymond Hains, s’interrompant un instant. Je me rappelle vos schémas sur la Relativité absolue, qui expliquent l’origine du monde par le Zéro et l’Infini. Je n’y comprends rien, bien sûr. D’autant que je suis arrivé à votre conférence à Beaubourg quand vous l’aviez achevée. Mais, esthétiquement, ils sont très beaux. Ce sont des œuvres d’art. Il faudra que vous m’expliquiez.

— Bien volon… »

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De gauche à droite, Richard Sünder, Bernard Gerboud, Raymond Hains et Joël Ducorroy, après une conférence de Richard Sünder
et de Bruno Duval à la Revue parlée de Beaubourg.

LE TOURNANT DES SIX IFS

— Vous savez que j’essaie toujours de boucler mon circuit, sans y parvenir d’ailleurs. Ainsi, l’an dernier, je suis allé à Troyes.

— Quelle coïncidence ! avait risqué Béatrice. Nous y étions il y a quinze jours.

— Ah oui ! C’est une coïncidence, avait repris Raymond. C’est que vous savez que j’ai fait un « Néo-Dada emballé ». Les Américains ont traduit ça par « The Packed Dada« . Or, arrivé là-bas, j’ai trouvé un bar qui s’appelait « Le Cheval de Troyes ». Évidemment, cela m’a tout suite fait penser à mon cheval emballé. D’autant qu’à Paris je venais de quitter Christo, qui doit emballer prochainement le Pont-Neuf et qu’en passant devant le Jardin des Plantes j’ai vu que s’y tenait une exposition de cristaux géants. Avec l’emballage du Pont-Neuf, Christo ne fait que répéter mon affaire du « Dada emballé » mais à une échelle géante, bien sûr.

« Le plus étrange, c’est que Christo m’a parlé de son projet d’emballage du Pont-Neuf, alors que nous nous trouvions rue de la Ferronnerie, où Henri IV a été assassiné. Or, comme vous savez, sur le Pont-Neuf se trouve la statue équestre d’Henri IV, qui me ramenait à l’emballage de mon cheval. Le plus curieux, c’est qu’en arrivant à Troyes, dans ce bar, je me suis rappelé que le couronnement d’Henri IV avait mis fin à la guerre des trois Henri, Henri III, Henri de Guise et Henri de Navarre, qui avait commencé avec la saint-Barthélémy, qui tombe dans deux jours…»

 

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Raymond Hains, à gauche, Richard Sünder
et Béatrice Dünner

Béatrice avait regardé sa montre. Raymond parlait, sans discontinuer, depuis trois heures. Minuit était passée depuis trois quarts d’heure.

« Mais non, Raymond, avait-elle dit. Elle tombe demain ! Il est minuit trois quarts. Nous sommes le 23 !

— Eh bien alors avec la saint-Barthélémy qui tombe demain. Et vous savez que, pour aller à Troyes, on passe par Nangis. Eh bien, il se trouve que c’est à Nangis, en 1889, qu’est né René Barthélémy, un physicien français qui a beaucoup contribué aux progrès de la télévision, laquelle va filmer l’emballage du Pont-Neuf et, par la même occasion, celui d’Henri IV. Alors, évidemment, on se demande si toutes ces coïncidences viennent du hasard ou si elles ont un sens.

« Notez que, dans son jardin, le marquis de Bièvre faisait toujours tourner ses invités dans le même sens. Au bout de sa pelouse, il avait fait planter six ifs et, chaque fois qu’il y conduisait ses hôtes, il leur disait : « C’est ici le tournant des six ifs. » Il est vrai aussi qu’à propos de mes palissades, on disait :  » Quand il les a vues, il a pâli, Sade !  » Oui, alors j’en reviens à mes moutons et, vraiment, je me demande si toutes ces coïncidences ont un sens. Qu’en pensez-vous ?

— …

« D’autant qu’il y a quarante-huit heures la télévision a diffusé une interview de Dieleveut, vous savez, ce garçon casse-cou qu’on voyait toujours suspendu à un hélicoptère en train de courir après un trésor. Il était bien sympathique, ce jeune homme. Notez que je n’ai pas regardé la télévision depuis un an. Parce que, quand Leila m’a hébergé chez elle, elle m’avait installé dans une chambre au second, où il y a la télévision.

« Mais, il y a un an, elle m’a fait déménager au troisième dans une petite chambre où il n’y a pas la télévision. En tout cas, à l’époque, je regardais parfois cette émission et je voyais ce Dieuleveut, toujours hors d’haleine, courant à se dérater après ce trésor, comme s’il poursuivait une idée fixe, sans parvenir à la fixer. Il vient de disparaître au Zaïre, le pauvre. Or , je ne sais pourquoi, cette disparition m’a frappé… »

TROIS… CHEVAUX DE TROYES !

— Mais çà ! C’est extraordinaire, avait réussi à placer Béatrice, parce que, en Suisse, j’avais un professeur qui s’appelait Dieuleveut et qui doit appartenir à la même famille.

— En effet, c’est surprenant ! avait dit Raymond. Ce Dieuleveut s’intéressait, lui aussi, à ces coïncidences dont on peut se demander si ce n’est pas Dieu qui les veut. »

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La gorge un peu sèche, Raymond avait avalé un verre de vin, laissant un bref répit à ses auditeurs. Prenant son souffle, Bruno, qui venait de se lever pour saisir sur un canapé le manuscrit d’un ouvrage autobiographique que je lui avais apporté, avait lancé d’une seule traite, sans respirer :

« La coïncidence la plus étonnante, que tu ne connais pas, Raymond, c’est que Christo va être obligé de monter sur le cheval d’Henri IV pour emballer le Pont-Neuf. On verra alors monter Christo. Or cet ouvrage de Richard, que voici, s’appelle, je te le donne en mille, Le Château d’If. Et le plus fort, c’est que Richard, qui était à Troyes, lui aussi, il y a quinze jours, est en train d’écrire la suite de ce livre, qu’il a intitulée… Le Cheval de Troyes !

— Tiens, avait repris Raymond, j’avais vu cet ouvrage sur le canapé et je me demandais ce que c’était. Mais ça m’intéresse, votre Cheval de Troyes. J’aimerais bien le lire.

— Hélas, il n’est pas achevé, je suis en train de l’écrire, avais-je dit, frappé par la coïncidence qui me touchait moi-même.

— Mais pourquoi Le Cheval de Troyes ? Vous êtes né à Troyes ? m’avait demandé Raymond.

— Non, à Reims. Je vous avais même fait observer, il y a deux ans, que l’initiale de votre prénom et votre nom, R. Hains, forment le mot Reims. A Reims on ne se rince que de champagne.

— C’est étrange, la Champagne, avait repris Raymond, la seule province à avoir deux capitales, avec Reims, qui font trois.

— Comme la Trinité ! d’autant qu’elle est le berceau de la quête du Graal, des romans de la Table ronde, la quête impossible qu’à sa manière, un peu pathologique, il faut bien le dire, faisait aussi Dieuleveut, une quête matérialiste de l’âme », avais-je ajouté.

RUINES DE TROYES ET SEXE DES ANGUILLES

Sentant que je n’en aurais pas le temps, je n’avais pas précisé qu’à vainement chercher le bouclage et, par conséquent, le sens des coïncidences qu’il observait et accumulait depuis quelque quarante ans, Raymond Hains était — comme tout le monde — lancé dans la même quête et que ce n’était sûrement pas par hasard que nous en parlions, ce soir-là, au pied même du Sacré-Cœur, sans compter que le sujet même de mon livre était de découvrir le sens des signes ou des coïncidences.

D’où le titre — Le Cheval de Troyes — symbole du moyen retors, analogue au ruban de Möbius, que le Surréel choisit pour pénétrer dans le Château d’If, symbole de l’inconscient, comme celui de Kafka, et du moyen retors qu’utilise Monte-Cristo pour en sortir.

« Ça m’intéresse, votre Cheval de Troyes, avait repris Raymond. Mais, naturellement, le café de Troyes ainsi nommé me ramenait aux ruines de Troie et à Schliemann. Vous savez que Freud s’intéressait beaucoup aux ruines de Troie…

— Oui, avais-je réussi à glisser, il avait dix-huit ans quand Schliemann les a découvertes et ça l’a proprement fasciné. Le mythe d’Homère entrait soudain pour lui dans la réalité. Au fond, il a choisi d’exercer la même profession que Schliemann. Mais, au lieu de se faire archéologue des vieilles pierres, il s’est fait archéologue de l’âme et il a exhumé l’inconscient.

— Il se trouvait à Trieste, en 1876, avait repris l’intarissable Raymond, quand il a commencé ses premières recherches personnelles. Elles portaient sur les glandes sexuelles des anguilles. C’était quand même une idée assez curieuse de s’intéresser à la sexualité des anguilles, vous ne trouvez pas ?

— C’était peut-être symbolique, avais-je dit, de l’aspect insaisissable de ce qu’il cherchait, tout en sentant qu’il y avait anguille sous roche…

— Oui et alors, avait poursuivi Raymond, il est entré au laboratoire de Brücke. Or Brück, en allemand, signifie le pont, ce qui nous ramène au Pont-Neuf et au cheval d’Henri IV. Mais je m’explique mal. Il faut que je revienne à Troyes…

— C’est ça, Raymond, reprenez depuis le début ! » avait dit Béatrice soudain prise d’un irrépressible fou-rire.

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J’avais regardé ma montre — 1 h 30 — et je m’étais levé pour prendre congé, sous le prétexte que mon Cheval de Troyes m’obligeait à me lever de bonne heure, pensant que je pouvais sans scrupules abandonner l’infatigable Raymond à Béatrice et à Bruno.

Mais il s’était levé, lui aussi.

« Je m’en vais également », avait-il dit.

VOTRE CHEVAL M’INTÉRESSE

Tout le monde s’était levé pour gagner le couloir, en une sorte de file indienne qui s’était soudain figée, comme le bal des Visiteurs du soir, sous le charme du Diable. Je m’étais retourné, surpris. Raymond évoquait de nouvelles coïncidences. Il avait fallu une demi-heure pour franchir les trois ou quatre mètres qui nous séparaient de la porte. On l’avait enfin ouverte. Après une nouvelle station sur le palier — pour moi, le calvaire —, Raymond Hains et moi-même nous étions retrouvés dans la rue sur le coup de 2 h 10. Comme il m’était difficile de prendre congé et de monter seul dans ma voiture, je m’étais offert à le reconduire chez lui.

« Vous allez où ? m’avait demandé l’artiste.

— A la Nation.

— Mais c’est la direction opposée ! Je vais à la Porte Maillot. Mais vous ne voulez pas prendre un verre quelque part ?

— Non, vraiment, je dois me lever de bonne heure…

— Mais vous travaillez ? Qu’est-ce que vous faites ?

— J’écris mon Cheval de Troyes et je me suis fixé l’objectif de dix pages par jour…

— Mais ça m’intéresse, votre Cheval de Troyes, parce que je ne vous ai pas dit, à propos de mon Packed Dada, c’est que la Porte Maillot… »

Emballant moi-même mes cent quarante-quatre chevaux sous l’accélérateur, il ne m’avait pas fallu — Paris étant désert en cette veille de saint-Barthélémy — dix minutes pour gagner la Porte Maillot.

« Vous êtes sûr que vous ne voulez pas prendre un verre ?

— Non, je suis désolé mais je dois me lever de bonne heure…

— Mais ça m’intéresse, votre Cheval de Troyes

— Où demeurez-vous exactement ?

— Là, rue Marbeau. Vous pouvez vous y engager. »

Souhaitant l’heure de la libération — pas celle de Paris qui tombait le lendemain, 24 août, mais la mienne —, je n’y inclinais guère mais Raymond insistait.

— C’est là ! avait-il dit m’indiquant un bateau du trottoir éclairé par
deux panneaux lumineux d’interdiction de stationner. Vous devriez vous arrêter !

— Mais c’est interdit !

— Mais non ! C’est la maison. Venez deux minutes, je vous montrerai des tableaux. Et puis votre Cheval de Troyes m’intéresse. Sinon quand nous reverrons-nous ? »

LE POISSON, LE PÉCHEUR ET LE HAMEÇON

Par chance, ma voiture était longue et la place trop courte !

Mais Raymond avait de nouveau insisté. Il avait fallu faire le tour du pâté de maisons en passant devant l’Impasse du… Pont — qu’il n’avait, Dieu merci, pas remarquée —, se garer et consentir à prendre un verre. Devant une table bleue de Klein, à l’ombre d’une palissade « Knorr » de Hains, feignant, sans magie,  de boire un whisky — j’en ai horreur mais il n’y avait pas, même pour un Rémois, de champagne —, je regardais lentement tourner l’aiguille de ma montre.

A 3 heures, prenant sur moi, je m’étais levé, interrompant le développement d’un surprenant rapport entre les expériences freudiennes sur les glandes des anguilles et le sexe des Brésiliens du Bois de Boulogne qui refluaient de Bagatelle, par la Porte Maillot, jusqu’à la rue des Martyrs et sur les marches du Sacré-Coeur.

Raymond m’avait suivi jusqu’au milieu de la rue. Il était 3 h 15. J’avais déjà pris congé à deux reprises. En vain ! Une voiture de police était arrivée. J’avais repéré les caméras d’une ambassade voisine. Je souhaitais une fuite de gaz, une prise d’otage, une explosion, un attentat. Me tenant la main, Raymond ne lâchait pas plus prise qu’un hameçon, la joue d’un poisson.

Tandis qu’il repartait sur Dieleveut, je songeais que mon nom — Sünder — signifie pécheur en allemand et me demandais ce que j’avais pu faire à Dieu, moi que fascinait tant, lorsque j’étais enfant, la quête du Graal et les aventures de Perceval, le chevalier au cœur d’enfant, que je dusse boire ce calice jusqu’à la lie, voire à l’hallali !

« Vous croyez vraiment que tout ça a un sens ou que ce n’est qu’un hasard ? » m’avait demandé Raymond en me lâchant enfin la main.

Il était 3 h 30.

Ce n’est que le lendemain — pour la saint-Barthélémy — que j’avais compris, sans que Barthes l’émît, que Raymond Hains était le véritable précurseur de la pansémiotique et qu’il m’avait donné une leçon de langage des signes.

 

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Quand Raymond Hains tente de substituer
un nouveau monument au Carrousel du Louvre
De gauche à droite, M. Neiman, Mme Hanka, Raymond Hains.

DE L’ÉPÎTRE AUX CORINTHIENS DE PAUL

AUX CORRESPONDANCES DE BAUDELAIRE 

Alors, cher Raymond Hains, vous qui, préoccupé de Boronali, anagramme d’Aliboron, n’avez peut-être pas remarqué que l’anagramme de Hains est Hi Han, vous qui avez publié Hépérile, anagramme de péri ailé, qui évoque la mort d’un ange, un 19 juin, jour de ma naissance, permettez-moi, en dépit de cet hommage irrévérencieux qui justifie pourtant votre titre de président d’honneur de l’Association française de pansémiotique, de répondre enfin à votre question.

Non, toutes ces coïncidences, qui vous frappent depuis plus de quarante ans, n’ont rien d’aléatoire. Paul l’avait compris, qui disait, dans son Épître aux Corinthiens, « tout est signe ». Gérard de Nerval aussi et Baudelaire, qui écrivait dans ses Correspondances qui sont vos « coïncidences » :

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles
L’homme y passe à travers une forêt de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers

Et vous êtes l’un des rares à les voir. Et peut-être le seul à les collectionner.

LA PANSÉMIOTIQUE DE LA RELATIVITÉ ABSOLUE

Quant à la théorie qui les explique, c’est la Relativité absolue, d’une part parce qu’elle montre que le Cosmos est le système de signes des rapports de l’inconscient ou, pour mieux dire, du Surréel, et du conscient, le Réel, d’autre part, parce que c’est la cosmogénèse qui montre que le vrai Graal, que vous cherchez, comme Perceval passant à côté du roi pêcheur, est le Cosmos et que le vrai sang du Christ est l’ensemble des vibrations des ondes de l’espace-temps, dont nous sommes le corps.

Pourquoi ?

Mais parce que ces vibrations sont toutes les fonctions d’ondes possibles du monde, c’est-à-dire toute la Mathématique et, par conséquent, toute l’information possible, et potentiellement infinie, du monde — y compris celle des coïncidences qui vous fascinent.

Or notre cerveau ne produit la conscience — qui n’est que vibrations d’ondes au sein de structures cristallines — que parce qu’il s’informe en captant les vibrations de ces ondes, qui sont le Mémoire (l’ordinateur) et la Mémoire de la Mathématique cosmique, dont il n’est lui-même — ordinateur autoréfléchissant— que la très complexe superstructure psychobiologique.

L’espace est donc toute l’information cosmique — l’ensemble pansémiotique de tous les signes possibles du monde —, c’est-à-dire l’inconscient individuel de Freud, collectif de Jung, éthérique de Reich et verbal de Lacan, c’est-à-dire le Surréel dans lequel nous puisons nos étonnements, nos émotions, notre pensée, notre âme, et c’est même l’Esprit cosmique qu’il faut réfléchir, comme vous le faites vous-même, ainsi que le langage des signes, pour atteindre, comme Dieu le veut, à la conscience absolue — le trésor, dévoilé comme le Pont-Neuf qui va de l’inconscient à la Connaissance de Monte-Cristo, grâce au sac de l’abbé Faria qui, au château d’If, en est le Cheval de Troyes.

Telle est l’anguille freudienne et œdipienne qui se cache, comme le vrai Graal, dans le rocher de Sisyphe, avant qu’elle ne remonte à l’Infini pour retomber, avec nous-mêmes, dans le monde fini, d’où il nous faut éternellement la remonter, par le jeu des coïncidences du hasard dont vous vous demandez s’il est la née cécité.

Car  —  je ne vous l’avais pas dit dans la précédente version de ce texte, publiée par l’Association française de pansémiotique et intitulée Hains ou la pansémiotique — la mémoire et le film de l’existence de tout le Cosmos, y compris votre mémoire et le film de votre vie sont holographiés dans le tissu de l’espace-temps.

Ce qui signifie que, lorsque, après l’implosion de toute la matière cosmique et sa conversion en énergie, les ondes électromagnétiques passeront à travers les champs de la mémoire du film de l’Histoire cosmique — Hegel dit que l’Inconscient n’a pas d’autre projet que de prendre, par l’Histoire, la conscience absolue de lui-même — , nous ressusciterons tous et, comme le dit Aliocha, dans les Frères Karamazov : « Nous nous raconterons joyeusement tout ce qui s’est passé ».

Bref, nous ferons ensemble le voyage à Reims que nous devions faire ensemble et que nous n’avons pas fait. Nous trouverons ensemble le Graal mémorisé dans la Géode de cristal du Cosmos et nous aurons alors la preuve que non seulement les coïncidences pansémiotiques mais encore tout le Cosmos et nous–mêmes avons bien un sens :

celui de revivre le film absolu dont nous nous sommes les acteurs et que nous aurons écrit. Jusqu’à la conscience infinie, absolue du Holly Wood (Bois sacré) cosmique.

A bientôt cher Raymond, pour écouter et même voir, dans l’extase absolue, la réponse à votre question.

 

Richard Sünder
Paris, le 24 août 1985 et le 2 novembre 2005.

2 commentaires

  1. Chantal a dit :

    Merci monsieur sunder j’ai vraiment bien aimé votre texte à la mémoire de monsieur Hains ! Connaissez vous le livre le parisis code de monsieur Thierry van de leur ? Je pense que sa découverte est tout à fait en rapport à la pansémiotique ! Je m’intéresse bcp moi-même à la pansémiotique et je viens de finir le livre les oreilles de miqué. j’ai d’ailleurs découvert un petit code alphanumérique qui laisse découvrir ce nom de miqué. Si cela vous intéresse ce sera avec plaisir que je vous en ferais la démonstration. Merci pour vos écrits si riches d’enseignement.

    1. Richard Sünder a dit :

      Chère Chantal, non je ne connais pas le code ni l’ouvrage dont vous me parlez. Je suis débordé de travail, raison pour laquelle j’ai mis tant de temps à vous répondre. Je m’en excuse et j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur. les deux mois qui restent pour finir l’année ne me laisseront pas beaucoup de loisir, d’autant que je dois tenter de relancer la publication de la revue PAN et organiser l’assemblée générale de l’association, quasiment seul, après la scission de qui a eu lieu l’an dernier. Reste que je suis heureux de savoir que vous avez apprécié mon papier sur Raymond Hains. Denise Kito disait que ce texte la faisait tant rire qu’elle y avait recours contre la dépression… En attendant, si vous voulez lire le texte sur la cosmogénèse que je suis en train de publier sur « Academia.edu », cela vous intéressera peut-être, bien que les illustrations ne soient pas encore mises en place.

      Merci encore et bien cordialement à vous,

      Richard Sünder

      je ne connais

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